
Au 2ᵉ trimestre 2026, 15 538 sociétés françaises sont entrées en procédure collective.
Analyse des liquidations, redressements et sauvegardes, des secteurs les plus exposés, et de ce que ces chiffres impliquent pour la gestion de votre risque client.
Entre avril et juin 2026, 15 538 sociétés françaises ont fait l'objet de l'ouverture d'une procédure collective, alors qu'elles étaient saines le trimestre précédent. Derrière ce chiffre se cache une réalité très hétérogène : certains secteurs concentrent l'essentiel des défaillances, tandis que d'autres restent quasiment épargnés.
Pour une entreprise, ces défaillances ne sont pas de simples statistiques. Chaque procédure ouverte chez un client ou un fournisseur représente un risque direct pour votre trésorerie : factures impayées, créances à déclarer, ruptures d'approvisionnement. Comprendre où se situe le risque, et savoir l'anticiper, est aujourd'hui un enjeu de survie pour beaucoup de TPE et PME.
👉 Retrouvez l'intégralité des chiffres et des graphiques dans le rapport complet — Procédures collectives T2 2026.
La nature des procédures ouvertes en dit long sur l'état de santé réel des entreprises concernées :
Le constat le plus frappant est la sous-utilisation dramatique de la sauvegarde. Avec seulement 2,2 % des procédures, elle reste marginale, concentrée dans l'immobilier, les holdings et la gestion de fonds. Cela révèle un problème structurel : la grande majorité des dirigeants saisissent le tribunal trop tard, lorsque le redressement n'est déjà plus possible et que la liquidation devient inévitable. Anticiper, c'est justement se donner la possibilité d'agir quand des solutions existent encore.
En volume absolu, deux grands ensembles dominent les défaillances du trimestre : la construction (2 921 procédures) et la restauration (2 093 procédures), suivies du commerce de détail (1 764).
À l'échelle des secteurs d'activité détaillés, le trio de tête est sans surprise :
À eux seuls, ces trois secteurs concentrent 2 269 procédures, soit environ 15 % du total du trimestre.
Autre signal d'alerte majeur : dans certaines filières, l'ouverture d'une procédure débouche presque systématiquement sur une liquidation directe, sans phase de redressement. C'est le cas des supports juridiques de programmes (94,1 % de liquidation directe), du commerce de détail de pain et pâtisserie (88,0 %) et de l'entretien corporel (87,5 %). Dans ces secteurs, il n'y a pratiquement pas de seconde chance : le point de non-retour est atteint avant même l'ouverture de la procédure.
Le volume brut de procédures ne suffit pas à mesurer le risque : un secteur très peuplé peut afficher beaucoup de défaillances tout en restant statistiquement peu risqué. Le bon indicateur est le taux de procédure, rapporté au nombre d'entreprises actives.
Les secteurs les plus exposés (parmi ceux comptant au moins 500 entreprises) sont :
À l'opposé, certains secteurs se révèlent remarquablement résilients, avec des taux jusqu'à plus de 1 000 fois inférieurs :
Cet écart considérable rappelle une évidence trop souvent négligée : le risque de défaillance dépend fortement du secteur d'activité. Un même retard de paiement n'a pas la même signification chez un restaurateur et chez un bailleur.
Au-delà de l'analyse sectorielle, la meilleure façon d'évaluer le risque d'un client reste de disposer d'un score de solidité financière individuel. Les données du trimestre confirment la puissance prédictive du score ScoreFi, noté de 0 à 20 :
Soit un rapport de plus de 1 500× entre les deux extrêmes, avec une décroissance régulière et quasi-monotone à mesure que le score augmente. Autrement dit : plus le score est élevé, plus le risque de défaillance à court terme est faible — de façon systématique et vérifiable. Le score condense en une seule valeur ce que l'analyse manuelle de dizaines d'indicateurs financiers permettrait de déduire.
Pour comprendre les fondamentaux derrière ce type d'analyse, consultez notre article Comment Réaliser une Analyse Financière : Guide Pratique pour les Entreprises.
Ces 15 538 procédures ne sont pas qu'un indicateur macroéconomique : elles se traduisent, pour des milliers d'entreprises, par des impayés bien réels. La bonne nouvelle, c'est que le risque est largement prévisible et donc largement évitable.
Concrètement, trois réflexes permettent de vous protéger :
C'est précisément le rôle du module Portefeuille de ScoreFi : recevoir en temps réel l'arrivée d'un tel événement chez l'un de vos clients et savoir immédiatement à qui adresser votre déclaration de créance.
Pour aller plus loin sur la marche à suivre, lisez notre guide Comment Gérer un Client en Difficulté Financière.
15 538 sociétés françaises sont entrées en procédure collective entre avril et juin 2026. Parmi elles, 10 460 liquidations judiciaires, 4 140 redressements judiciaires et 337 procédures de sauvegarde.
La sauvegarde est une procédure préventive : l'entreprise n'est pas encore en cessation de paiement mais rencontre des difficultés. Le redressement judiciaire intervient lorsque l'entreprise est déjà en cessation de paiement mais conserve une chance de continuité. La liquidation judiciaire acte la faillite : l'actif est vendu pour régler le passif et l'entreprise ferme.
En volume, la restauration traditionnelle (901 procédures), la restauration rapide (809) et la maçonnerie / gros œuvre (559) sont en tête. En taux de procédure, la construction de véhicules automobiles (1,381 %) et les réseaux électriques (0,840 %) sont les plus exposés.
Avec seulement 2,2 % des procédures, la sauvegarde reste marginale parce que la plupart des dirigeants saisissent le tribunal trop tard, quand la cessation de paiement est déjà là. C'est tout l'intérêt d'un suivi anticipé : identifier les difficultés pendant qu'il est encore possible d'agir.
ScoreFi attribue à chaque entreprise un score de solidité financière de 0 à 20. Les données montrent que ce score est fortement prédictif : le taux de défaillance passe de 2,18 % pour un score de 4 à 0,0014 % pour un score de 20. Couplé à des alertes en temps réel via la Surveillance, il permet de détecter les signaux de dégradation avant qu'il ne soit trop tard.
Il faut déclarer vos créances auprès du mandataire judiciaire désigné, généralement dans un délai d'un à deux mois. Si vous ne le faites pas, vous perdez toute chance de récupérer vos fonds. Le module Portefeuille et Surveillance de ScoreFi vous alerte en temps réel de l'événement et vous indique à qui adresser cette déclaration.
Date de publication : 7 juillet 2026
Auteur : Mickael